Daktuin – Potager sur le toit

La création du potager collectif sur le toit de notre habitat groupé nous  a lancé dans un long processus de recherches, réflexions, que nous souhaitons partager ici dans l’espoir d’inspirer de nouvelles initiatives ou de faire gagner du temps à ceux qui voudraient se lancer…

 

La conception technique…

 

Des contraintes :

– sécurité : besoin de garde-corps pour sécuriser l’accès au toit, mais c’est très cher              
– stabilité : limiter le poids du potager pour respecter la capacité de charge du toit               
– étanchéité du toit : pas de fixations possibles dans le sol (pour préserver le roofing)         
– budget limité

 

Disposition sur le toit :

Nous avons opté pour placer les bacs sur tout le tour du toit, là où il est le plus solide (au-dessus des murs), et où ils peuvent également faire office de garde-corps (hauteur de 150cm).
Les bacs sont dessinés en bleu et rouge sur le plan.

Les matériaux utilisés :

Voici nos choix de matériaux suite à nos recherches…

  • Protection étanchéité du toit :

Sur le roofing, nous avons d’abord posé une membrane anti-racines, qui a aussi un effet anti-poinçonnement.
Idéalement, on la place sur tout le toit, mais nous nous sommes limités à la zone des bacs pour des raisons budgétaires.
(réf RB Line, fournisseur Insulco ; acheté via un revendeur de matériaux de construction car Insulco ne livre que les professionnels)

  • Drainage :

Sur la membrane anti-racine, nous avons posé une nappe de drainage. Il s’agit d’un tapis alvéolaire (godets en plastique qui retiennent l’eau qui percole , pour qu’elle puisse remonter par capillarité dans le substrat en cas de sécheresse) assemblé à un géotextile (pour éviter que la terre ne tombe dans les alvéoles)

(réf DrainoTech G20, fournisseur Insulco).

  • Bacs :

Nous avons trouvé l’idée d’utiliser des gabions en acier galvanisé (normalement anti-rouille, et bon marché sur internet). Ponctuellement, nous avons construit des bacs en bois plus grands et plus profonds pour pouvoir cultiver quelques petits arbres fruitiers. Comme ces bacs en bois sont plus lourds, nous avons évité de les placer au-dessus des baies vitrées (zones plus fragiles).
Les gabions et bacs ne sont pas fixés au sol mais sont tous reliés entre eux. Avec le poids, c’est bien stable.
Et au centre du toit, nous avons ajouté quelques sacs géotextiles supplémentaires, pas trop grands pour le poids.

Les gabions :
Ils sont livrés en kits de grilles à assembler (verticalement dans notre cas). Mais nous avons placé la face intérieure horizontalement, pour permettre l’accès pour jardiner. C’est cette grille couchée qui détermine la hauteur de nos sacs géotextiles (60cm) et qui constitue la partie « bac » dans le bas des gabions. Les différentes grilles sont assemblées avec des spirales, que vous avons repliées en haut pour éviter qu’elles n’endommagent le toit en bas.  


Les bacs en bois:
Nous les avons construits en mélèze brut de charpente. Ce bois résiste bien aux intempéries sans traitement. Nous les avons conçus sans fond, afin d’éviter un pourrissement du bois, s’il était en contact permanent avec l’humidité. Et bien sûr, nous avons utilisé des vis inox…
À l’intérieur des bacs, nous avons placé une membrane alvéolée en plastique pour éviter que le bois soit en contact direct avec l’humidité des sacs de terre.
À l’arrière des bacs nous avons placé des grilles (restes des gabions) pour la sécurité.

À l’intérieur des bacs, nous avons placé une membrane alvéolée en plastique pour éviter que le bois soit en contact direct avec l’humidité des sacs de terre.

À l’arrière des bacs nous avons placé des grilles (restes des gabions) pour la sécurité.

  • Sacs :

Pour contenir la terre dans les bacs/gabions, nous avons cousu des sacs en géotextile non tissé (réf Weedtex, vendu chez Skyfarms, une super association voisine qui aide à réaliser des potagers urbains ; leur boutique de jardinage se situe au Be-Here, rue Dieudonné Lefèbvre)

 

  • Substrat :

Pas question de mettre de la terre de jardin, beaucoup trop lourde (1,8T/m3 sèche, et cela peut atteindre 2,1t/m3 quand elle est saturée (gorgée d’eau, pluie, neige)). Nous avons cherché un substrat pour toiture verte intensive. Dilemme entre les substrats à base de tourbe (peu écologiques car cette ressource n’est pas vraiment renouvelable et son extraction détruit des écosystèmes entiers) et ceux à base de roche volcanique (fort granuleux, pas génial pour certains légumes).
Nous avons opté pour le Vulkaplus Intensif, fourni par Disaghor. La bonne capillarité de sa roche volcanique permet de puiser l’eau en réserve dans le tapis drainant, donc pas besoin de billes d’argile au fond des bacs (belle économie :-). Sa durée de vie est illimitée.

Pour la petite histoire …
Le substrat pouvait être livré soit en bigbags, soit en vrac, soit soufflé sur le toit. Vu la quantité commandée (11 m3), nous avons choisi cette option car le toit était peu accessible par élévateur. Un épisode qui restera dans nos mémoires : nous avions tout bien protégé et organisé. L’équipe était prête ; nous pensions guider le tuyau d’un bac à l’autre pour les remplir proprement, mais une fois le camion arrivé, nous découvrons que ce tuyau est bien trop rigide à manipuler et le livreur nous explique que le soufflage sera fini en 20 minutes, au milieu du toit (la zone la plus fragile !).
Ça démarre… quelle puissance, on est soufflés !!
Besoin de renfort… Tous les voisins présents sont réquisitionnés d’urgence, certains arrivent en pijama 🙂 … un vrai ballet de fourmis… remplir des bassines/seaux/poubelles de substrat et courir les vider dans les bacs très vite pour éviter d’avoir une grosse montagne au milieu du toit. On a fini noirs comme des charbonniers, avec un petit tas bien raisonnable sur le toit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Amendement :

Nous avons amendé le substrat avec du compost fermenté (Terra actif, certifié bio, commandé par facilité chez le fournisseur du substrat. On trouve aussi de bons composts chez Skyfarms ou Nos pilifs). Pour une culture potagère, la proportion de Terra actif est 1/4 du volume de substrat, renouveler tous les 3 ou 4 ans + ajouter du compost chaque année.

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Plantations :

Nous avons cultivé divers légumes… une belle variété de tomates, de choux, courgettes, carottes, salades, herbes aromatiques, courges etc etc. Nous avons prévu de planter des petits arbres à fruits ou plantes plus gourmandes en terre dans les bacs de bois. Et sur le pourtour, pour couper le vent et cacher un peu le grillage, l’idée est de palisser des plantes grimpantes comestibles (mûrier, vigne etc) dans cet esprit :

  • Paillage :

Pour protéger les cultures de la sécheresse nous avons paillé avec du champost (engrais naturel résidu de la culture de champignons) de nos voisins PermaFungi. Cette coopérative sociale recycle le marc de café pour produire des pleurotes.

  • Irrigation :

Pour l’arrosage, nous avons un robinet raccordé à nos citernes d’eau de pluie. L’été, nous avons organisé une tournante avec des responsables arrosage chaque semaine. Nous nous posons actuellement la question de placer un goutte-à-goutte… affaire à suivre
Nous avons enterré des bouteilles sans fond pour que l’eau pénètre plus profond près des racines

 

Plantations :

Ce premier printemps, nous avons semé les graines en stock chez chacun et planté en mode free style, car nous avions consacré toutes nos énergies à la construction du potager, qui s’est terminée seulement mi-mai, mais à l’avenir nous comptons faire une rotation des cultures, avec un plan bien organisé du potager. Nous avons bénéficié d’une super formation donnée par Skyfarms : modules rotation des cultures, semis, entretien, irrigation, ravageurs, compost etc. Merci à eux !

 

 

Vie collective du potager

Cette première année, nous avons participé, avec des voisines du quartier, au projet « Top chef en terrasse », lancé par le Kiosque à graines, une chouette association voisine qui prône l’agriculture urbaine, l’alimentation et le vivre-ensemble. Il s’agissait d’un concours de cuisine en utilisant des légumes cultivés par nous-mêmes dans des potagers urbains en terrasse. Une belle occasion de rencontres et d’apprentissages.

 

      

      

 

Il y a eu aussi l’acccompagnement précieux de Skyfarms. Augustin et Mieke nous ont rendu des visites-conseil en plus des cours de maraîchage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la suite, nous devons encore penser l’organisation du potager en groupe.
Ce n’est que le début de l’aventure !